Les nouveaux contes de fées


29 juin 2009 19h 05

Les nouveaux contes de fées

Ebay, chiner sans broncher.
Suis pris d’une webnostalgie : Qui se souvient comme moi d’Ibazar ? C’était le concurrent français d’un site américain d’enchères en ligne encore inconnu. Il y avait des Ibazars à travers le monde, au Brésil, au Japon, au Québec. Puis le type à l’origine du truc a vendu l’affaire pour quelques dizaines de millions de dollars, il est allé prendre une vie de vacances aux Guatemala. La révolte sanguiniste a rapté ses deux filles, il a payé une première rançon, une seconde, n’a récupéré qu’une seule fille, la plus jeune.
Ils vivent dans le XIIème arrondissement. Une fois par an lui et sa femme font un aller-retour au Guatemala. Leur fille de la forêt leur a écrit plusieurs cartes postales en espagnol pour dire qu’elle avait des enfants maintenant, qu’elle avait souvent mal aux dents, pour les embrasser aussi. Mais il ne l’ont jamais revue.
J’ai rencontré Alban P. au guichet du club de sport Ledru-Rollin, nous attendions tous les deux Brigitte, la dame qui donne et reprend les serviettes. Lui aussi a un Iphone, ce fut le début banalissime de la conversation. Il m’a dit avant que nous nous quittions « Quand je fais de la cardio, je cours en imaginant que je suis ma fille, à l’époque, et que je suis en train de m’enfuir. »

En rentrant je n’ai pu m’empêcher d’acheter sur le site auquel il a revendu Ibazar le corps humain complet en 22 magnets Petit Ecolier LU et Les Nouveaux Contes de Fées par la Contesse de Ségur, l’un en « Achat immédiat », l’autre parce que la vente se terminait et que personne n’avait renchéri à 11€.

Le corps humain, Magnets Petit Ecolier LU

Les nouveaux conts de fées, Contesse de Ségur

Il faut que je maigrisse, c’est pour ça le sport. Je me demande bien ce que je ferai ensuite d’un corps restauré. Chez Léo ils ont des couteaux rouillés pour trancher le pain de l’amitié, chez moi tout a rouillé sans raison apparente.

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28 juin 2009 22h 59

Guadeloupe, 20ème siècle

Guadeloupe

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28 juin 2009 2h 58

Une très très jolie chanson

Suis rentré en noctanbus, le bus le plus dangereux de Paris, celui qui transporte toutes les petites cailleras de merde des périphéries, mais je suis encore là.

« J’ai un épis de blé », interprété cet après-midi dans la salle d’honneur de la mairie du 12ème par J*, accompagnée au piano de votre serviteur, s’annonce comme le tube de l’été. Un groupe est né, qui reprend le flambeau de la pop là où Michael l’a laissé tomber. Ma filleule est formidable, c’est ma filleule.

20h : Poker chez Patrick et Anne-Cécile. Le code a changé, merde, j’attends Nico qui débarque avec dans les bras une tarte à la moutarde. Tout le monde y est allé de son « kloug » délicieux. Nous avons dîné longtemps, tandis que la table nous attendait. L’ambiance était très détendue, très agréable.

La table attend

Francis avait fait une grande salade avec un maximum de graines de sésame, nous nous sommes ensuite arrangés au Byrrh (nos haleine expiant un camembert au calvados), enfin la partie a commencé. Nicholas a slowplayé, ce qui lui a réussi au début, pas du tout à la fin, Hélène a beaucoup perdu en riant, Francis a beaucoup perdu au cours d’actions parfaitement suicidaires, Patrick et Anne-Cécile ont beaucoup ratissé à coups de valets invisibles. Je m’en suis très bien sorti, en relançant comme un taré avec des poubelles (l’histoire de ma vie en somme).

"Tapis profond"

Nous avons parlé de Rocco, de théâtre, de bad beat, de Meetic et d’amour impossible, puis trop d’amis cessèrent de se recaver et la tarte aux abricots des deux heures du matin fut dévorée sans complexes sur « Malaise en Malaisie » (slowmiaulé par Vanessa Paradis).

Tout était à sa place. En bas, chacun près de sa moto, nous nous fîmes la promesse sincère de nous revoir bientôt. Ne gagne-t-on pas toujours à ces soirées ?

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26 juin 2009 19h 36

La preuve

Tour internet des maisons d’éditions jeunesse, histoire de collecter les adresses où envoyer un manuscrit, un conte pour enfant en l’occurrence. Je commence par Gallimard Jeunesse et son impressionnante interface d’envoi de fichiers word en ligne, brochage chez copytime et envoi à Actes Sud Junior et Thierry Magnier. Mon ami Martin me conseille le Rouergue et me recommande aussi à Genevière Brisac. Qu’aurais-je fait sans lui cette année ? Il va falloir gérer la dette, très délicatement, ni comme la plupart des gens, chez lesquels elle caille invariablement en ressentiment, par une corruption mécanique du moult caramel de la gratitude, ni comme un larron qui s’y installerait parce que bon, c’est si facile, finalement, de manger (i mangioni ! dirait ma mère avec beaucoup de mépris dans la voix). D’un autre côté je suis heureux, à chaque fois, d’être en dette, c’est une prise en charge, c’est une promesse, une épreuve, un lien fort. Et cette fable de la Fontaine sous la main pour se donner du temps :

« Le Lion et le Rat

Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde
On a souvent besoin d’un plus petit que soi.
De cette vérité deux fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.
Entre les pattes d’un lion
Un rat sortit de terre assez à l’étourdie.
Le roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu’il était et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu’un aurait-il jamais cru
Qu’un lion d’un rat eût affaire ?
Cependant il advint qu’au sortir des forêts
Ce lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu’une maille rongée emporta tout l’ouvrage.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.  »

Bon, mais pour l’instant je fais provision de mots.

Demain j’envoie mon conte au Rouergue. J’ignore s’il est susceptible de correspondre à une collection existante mais c’est de toute façon quelque chose que Sylvie Gracia me lise. Je lui avais envoyé Pertes humaines dédicacé à l’époque mais elle ne m’a pas répondu. Deux solutions possibles : soit je me trompe de famille, soit la porte est lourde à pousser. Mon amie Sarah ajouterait : « Soit elle est très occupée et c’est tout, tu es passé à la trappe tout bêtement ». Mon amie Sarah est une femme qui ne croit pas aux démons.

Je suis certain de l’efficacité de mon petit conte, mais je n’ai pas tendu son écriture, je voulais qu’elle se charge de poussières inutiles, qu’elle ressemble un peu à un mouton, à l’opposé du poli souvent impeccable et un peu triste parfois de la littérature enfantine.

La semaine dernière nous avons regardé ensemble avec B* un film sur la vie du Caravage, puis sur internet quelques uns de ses tableaux. A quatre ans et demi, elle est allé expliquer à sa mère que finalement, elle préférait Caravage à Miro, sans que je lui ai soufflé le moins du monde cette hiérarchie (mais bon, je suis d’accord avec elle). Miro ils l’étudient en classe (dans la bonne école du quartier, celle qui transforme tous les parents de l’arrondissement, fans de la LCR compris, en réactionnaires de droite ennemis mortels de la carte scolaire).

Caravaggio.  Judic degollando a Olofernes  (1598).  Galleria nazionale d'arte antica, Palazzo Barberini. Roma, Italia.

Si ces grandes maisons ne veulent pas de mon petit conte, je crois que j’hésiterai véritablement entre le démarchage fastidieux des micro-structures, qui sous le couvert de leur « passion pour le livre », de leur « engagement total aux côtés de leurs auteurs », sont réputées être des huis-clos sanglants où se joue le drame d’une écriture collective (certaines échappent à cette règle évidemment) ; j’hésiterais donc, entre cette mort par étouffement et la publication sur une plateforme en ligne. Mon amie Caroline H. revient de NY où elle a assisté à un symposium sur l’état de l’édition américaine. Les graphiques l’ont traumatisés : explosion du livre électronique, effondrement de l’édition papier. Elle mimait les deux flèches qui se croisaient avec les bras, les doigts tendus, elle m’a dit : « Tu te rends compte ?! ». Oui oui, je me rends compte. La preuve.

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26 juin 2009 0h 10

Comme tous les eskimos

Michael Jackson and Bubbles, Jeff Koons, 1988. Porcelaine. 106,7 x 179,1 x 82,6 cm.

Le petit garçon violé par Diana Ross est mort. Couic le coeur, tandis que tout le monde s’attendait à ce que ce soit le nez qui lâche. C’est bizarre, je me sens vraiment triste. Maintenant, à chacun son best of, son top ten, la bataille est lancée :

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Ce soir je suis allé avec Stéphanie P. au vernissage de l’expo Pol/A. Christophe S. me fait la tête, je n’arrive pas à savoir pourquoi. Michel m’a parlé d’une histoire d’engueulade qui n’a jamais eu lieu. Bon, tant pis, impossible de soigner tout le monde.
Nous en avons profité pour faire un petit tour. Vernissage chez Lovenbrück, bise à Philippe M. et Bérénice. Philippe, j’aimerais bien m’en faire un véritable ami, c’est un bon, mais je crois que ce n’est pas possible. Tant qu’il sera dans une super galerie et moi nulle part, ce ne sera pas possible. Ce n’est pas sa faute ni la mienne, c’est comme ça, c’est Paris. Pourtant je crois qu’il m’aime bien. Bérénice m’impressionne un peu, je n’arrive pas à lire dans ses pensées.

Je n’avais pas vu Stéphanie depuis 7 ans. Elle a toujours autant d’humour mais ses cheveux ont poussé (c’est normal en 7 ans, et ça lui va mieux). Nous nous sommes baladés et avons abordé les questions essentielles, comprendre celles qui vont du style Dynasty à la résurrection des corps en passant par tous ces ploucs qui codent en C++ plutôt qu’en ASP. Nous avons je crois évité les vrais sujets, comprendre ce qu’auraient été nos vies si nous étions restés chez BI, pourquoi les gens sont-ils si souvent poltrons et qu’est-ce qu’un moment important. J’espère que nous nous reverrons avant 2016.

En rentrant, je me suis acheté une soupe Phô à emporter. Je n’avais cessé de transpirer et je déteste ça. Je hais la chaleur, comme tous les eskimos.

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24 juin 2009 17h 50

Tu es romantica

Emporté que je suis souvent par des élans romantiques qui me saisissent n’importe où et me laissent sans jugeote, prêt à déchirer ma chemise pour un regard, à briser une guitare sur un banc pour ne pas dire « jamais » dans une phrase importante, je passe à côté de la nature des choses, de beaucoup semble-t-il d’harmonies. Parfois je retrouve dans certaines oeuvres à la fois mon goût ridicule du tragique et le sucre de cette fameuse harmonie. Chez Delerue c’est frappant, et je me suis souvenu dans le métro de cette vidéo magnifique de Pascal Lièvre (dont j’ai parlé précédemment) qui m’avait fait le rencontrer. Cette vidéo la voici :

JEAN-LUC GODARD CONTRE STEVE MC QUEEN
Date : Octobre 2004
Durée : 00:02:00 /
Réalisation : Pascal Lievre
Production : Dasein Prod
Actant : Marie Adoue
Musique : Georges Delerue
Image : Matthieu Delahausse
Texte : jean-Luc Godard
Pitch : Pascal Lièvre reprend le procédé d’une installation du plasticien anglais, Steve Mc Queen : lluminer, 2001, où l’on voit l’artiste nu, couché sur un lit, qui regarde un reportage à la télévision consacré aux troupes britanniques et américaines engagées en Afghanistan dont on entend uniquement le son. La caméra est posée sur le téléviseur, et tente de faire le point. Pascal Lièvre pose la caméra sur son téléviseur, sur le lit une femme nue, immobile et à la télé  » Le mépris  » de Jean-luc Godard.

www.lievre.fr

J’ai toujours eu l’impression que Dalida (par exemple), mais cela marche aussi avec Aznavour, s’adressait à moi, directement je veux dire. J’aime comme tout le monde les Il venait d’avoir 18 ans ou les Paroles, Paroles, mais quand la grande loucheuse me lance « Tu es romantica ! », pour un court instant, je ne m’en veux plus.

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23 juin 2009 19h 09

Les hommes, c’est de la viande

J’aimais quand nous vivions comme dans un dessin d’enfant :

Dis-lui que tu l’aimes :

En revenant de l’école, B* me dit quelque chose d’incroyable, soudainement. Je le lui fait répéter.

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22 juin 2009 22h 18

La fin du catholicisme

Bon bon, je voulais le garder pour moi mais j’ai terminé une toile aujourd’hui, très borderline, trop beaucoup de choses, en un mot réussie (selon moi et je suis le seul qui sait). Alors chers amis, prise avec mon iphone 3G(pasS), let me introduce you « La fille aînée de l’Eglise » :

La fille aînée de l'Eglise

C’est du 30 ou 40F, chais plus, faudra que je regarde.

Je suis bien bien content, parce que j’ai bien bien failli la perdre la petite. A un moment j’ai même cru que c’allait en être fini du catholicisme juste à cause de moi. Mâ noooon ! C’est paaaas finiiii !

Du coup ce soir, à la private party du 52 rue Sedaine, j’ai passé mon temps à montrer ma photo à des gens qui n’en avaient rien à faire et qui parfois « aimaient la peinture en général mais pas n’importe quoi ». Heureusement il y avait Jacques K (mon ami de surface comme il dit), Arnaud P. et Joëlle. Et puis Eric et Isabelle, mais on ne compte pas les invitants à ce jeu-là, le jeu des gens gentils, parce que bon, quand c’est toi qui invite on s’attend à ce que tu sois gentil, et si tu n’es pas gentil, alors il y a de bonnes chances que tu sois schizophrène. Là c’était très cool. J’ai même pu faire de la pub pour Daniel Arasse, ce qui n’est possible qu’entre gens de bien.

Reste à trouver le titre de mon petit texte pour les Monuments Nationaux (mailing quand ça sortira), à faire surgir de terre une africaine photographiable qui ne réclamera jamais de royalties lorsqu’elle verra sa tête en 4par4 sur le périph (c’est une histoire compliquée rapport à un ami célèbre qui est fan de la tour Eiffel et de Ouagadougou indistinctement), à envoyer un mail de benchmark à mon père sur le montant des loyers des studios de 25m2 dans le 11ème arrondissement, et à écrire à bout de fatigue, aidé par elle, quelque chose de sublime long d’au moins 3000 signes (à 1500 je prends).

Parfois j’aimerais être en mesure de prier tous les soirs, mais souvent je finis par regarder une série américaine sur TMC. Réussir sa vie spirituelle, ce n’est pas facile.

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21 juin 2009 20h 42

Un vieux classique

Le dimanche soir, on manque d’invention.

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20 juin 2009 22h 03

Les grandes occasions

Je suis trop sorti cette semaine, je n’arrive plus à rentrer entier chez moi. Ce soir c’était bien, comme les autres soirs. J’ai lu en public des extraits du livre d’Isabelle Lartault, Les grandes occasions, à la galerie Nuke et à la galerie Ouizeman. Nous avons lu puisqu’il s’agissait d’un chaîne de lecteurs. Encore un vernissage me direz-vous : « Nous ne vieillirons pas ensemble ». Le titre de l’exposition m’a accroché.

Je réalise que mon pauvre bébéblog vire blog de critique ou de mondain de l’art contemporain. Birk !!! C’est ça ma vie ?

Je devrais plutôt parler du couscous au sauté d’agneau dévoré avec les copains chez Omar ensuite, et de notre grande discussion sur le judaïsme, le statut stigmatisé du dialogue dans le champ de la littérature expérimentale contemporaine et les frasques secrètes des maîtres queues du Grand Véfour. Je devrais dire que je m’inquiète pour la griffure qu’une petite conne de la cour de récréation a fait sur le visage de ma fille, griffure profonde qui ne part pas et qui va laisser sa trace. Sale petit conne, j’entraîne B* pour qu’elle explose ta sale petite gueule la semaine prochaine. Tu vas voir, profite de ton week-end, petite conasse, même la directrice ne saura plus où seront tes bras dans l’école tellement B* va t’éparpiller.

Lundi je retourne à l’atelier, il faut que je retrouve un centre de gravité. Je dois avancer mes toiles en cours et lancer celles de mon exposition de septembre. Août seul à Paris, quand la ville est un cloître italien.

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