Un beau voyage
Aujourd’hui Sarah au métro. Cela va me faire bizarre demain quand personne ne m’y attendra.
Elle me conseille d’exposer « Le bosquet de Vénus » en septembre, malgré les réserves de Jeanne que je lui confie. Elle n’est pas d’accord. Moi cela m’avance moyennement dans la mesure où je suis un garçon facilement déstabilisé, persévérant mais sensible aux contradictions. Ma femme me compare à un culbuto. Je préfère la métaphore du roseau pensant mais jamais personne n’a eu l’idée de m’y comparer (les gens manquent terriblement de rigueur).
Ensuite séance de shooting. Je veux envoyer une photographie plutôt qu’un carton à mes adorateurs de l’ancien monde, collectionneurs et esthètes sans mail. Une photographie en nombre très limité donc, qui sera immédiatement collector (n’en doutons pas). Une photographie idéalement un peu étrange, intime, propre à susciter la curiosité nécessaire pour se déplacer dans Paris un lundi soir (il ne suffit pas de promettre du jambon d’Aoste aux amateurs d’art). Je les chouchoute mes « special persons » (comme dit Sarah qui parle l’anglais comme elle cuit le cookie au citron, c’est-à -dire à la perfection). C’est d’ailleurs Sarah qui shoote. Au final nous hésitons entre la IMG_0205 et la IMG_0218. Donnez-nous votre avis, tout se décide ces jours-ci.
Bon, nous finissons comme d’habitude à « La broche d’or, Rôtisserie ». La situation est grave, je suis en train de leur faire faire fortune. Une autre photo de nos assiettes ? Vraiment ? Bon, d’accord, mais c’est la dernière :
Puis Sarah s’en va (c’est toujours là que les gens s’en vont. Est-ce la faute du repas ?). Je m’en retourne un peu fatigué à l’atelier où j’essaie quinze petites stratégies pour achever mes lutteurs turcs, sans succès. Je m’en retourne vaincu une nouvelle fois… mais je suis un culbuto, ne l’oublions pas. Alors demain je serai encore là . La peinture me dis-je, quoi qu’il en soit, ma playlist à fond dans les oreilles, c’est comme un beau voyage :
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