La vraie vie
La vraie vie (celle qui n’a pas de secrets) personne ne peut la vivre longtemps. J’envie les fous qui disent tout, qui parviennent à faire croire qu’ils disent tout. C’est l’oeuvre de Christine Angot cette obsénité, cette discipline du blitz permanent. J’envie Christine Angot. D’aucun l’appellent hystérique, elle perd à chaque livre le trois quart de ses amis et le quart restant n’est jamais identique. A la fin cela doit faire un beau vide bien bleu, bien froid. Techniquement ce n’est pas une folle, c’est une fanatique. J’admire Christine Angot. C’est visiblement un être infréquentable, sans aucun égard, sans coeur, handicapée, une aveugle qui tire autour d’elle dès qu’elle entend coucou. J’ai mille reproches à faire à ces phrases, à ses livres, à ses longueurs, ses répétitions faciles, son insupportable narcissisme, mais son ambition, son ambition est indéniable. Son histoire de restitution de « la petite voix », c’est un vrai projet formel aussi. Ce soir, j’aurais besoin de lire du Christine Angot que je n’ai pas déjà lu, de l’inédit tout chaud, j’aurais besoin de la lire se débattre dans sa vallée des ombres à elle, cela me reposerait. Je vais écouter un peu de Liszt à la place. Je serais bien incapable de dire pourquoi mais ils sont dans l’absolu interchangeables.
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