C’est la première fois que je reviens à Cherbourg


6 septembre 2009 10h 41

C’est la première fois que je reviens à Cherbourg

Quand on tombe dans l’océan Michel Legrand, on n’a pas une chance d’en sortir. C’est ce que je me suis dit en dénichant la vidéo de cette Japonaise carioca (qui ne sait pas trop bien où elle habite, Rio ou Kyoto, qui trahit la chanson mais qui dépote grave) :

Alors j’ai revu hier soir Les parapluies de Cherbourg, comme ça, juste pour me faire du mal, pour comprendre que jamais je n’arriverai à grimper cette montagne de mélancolie à la française jusqu’à son sommet. Je me suis d’ailleurs à nouveau dit que c’était le meilleur film jamais tourné sur la guerre d’Algérie, j’ai repensé à mon père.

Et puis la symbolique du « Super ou Ordinaire » dans la scène final, c’est un tel grand écart entre un réalisme extrême et une conception quasi-hugolienne du récit, que je n’en reviens pas. Affirmer que Geneviève en refusant de choisir choisit tout de même « Super », et que dans cette scène furtive de revoyure, c’est le résumé de toute leur histoire qui est rejoué, son essence (c’est le cas de le dire), la différence de classe, la lâcheté féminine, la médiocrité de Guy (Ordinaire), c’est à mon sens faire la bonne interprétation, celle qui laisse à Demy le bénéfice du génie :

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