On ne peut plus faire comme si
Il y a des jours comme ça où le son est décalé par rapport à l’image, où toutes les cinq minutes le film s’arrête, bufferise puis reprend avant de geler encore. Et l’on est à la fois le spectateur et l’acteur de ce film, persuadé qu’il faudrait aller se recoucher mais pas suffisamment mystique, instinctif, jamais, pour le faire vraiment.
Alors souvent, comme un remède de cheval, je revisionne cet entretien de Camille Laurens, auquel je souscris intégralement, tellement intimement que cela me resynchronise, que cela répare ce qui clochait. Je ne suis plus seul. Il y a aussi une chaconne en ré mineur de Bach qui range ma tête à ma place, écoutée mille fois en boucle, mais je ne vais pas vous dire les secrets de tous mes tours aujourd’hui :




Je n’ai pas écouté entièrement, je reprends demain.
Chouette hymne au dolorisme et à l’esprit de sérieux. Mince, tu es un vrai chrétien Marc :-)
L’ére du soupçon, de Sarraute (dont parle CL) un bon ouvrage dogmatique de bonne soeur (IL NE FAUT PAS, en est la phrase clé, ah parfois elle écrit parfois ON NE DOIT PAS).
On peut plutôt choisir de lire les Enfants de Minuit de Rushdie.
De temps en temps je me la joue un peu ;) !
Sarraute je reste sur « Pour un oui, pour un non » avec une grande émotion. Depuis j’ambitionne des amitiés aussi délicates et fébriles (d’où l’état dans lequel tu me trouves parfois)! Alors je ne sais pas si je vais lire « L’ére du soupçon », ça risquerait de tout gâcher. Et puis j’aime mes grosses lacunes bleues :).
Ici Camille Laurens est mesurée dans son propos, c’est ce qui me touche. Elle décrit ses limites, ses impossibilités, elle n’est pas dogmatique (je trouve). C’est l’aveu de faiblesse chez elle qui m’emporte.
Je vois ce que tu veux dire. Je vais continuer à voir l’entretien. Je manque parfois de mesure, navré.
Non, t’inquiète, on peut parfaitement lire ça aussi comme un entretien très dogmatique et méprisant. Moi c’est autre chose que j’y vois mais ton impression au revisionnage est tout à fait légitime. Tout se joue sur le sens que l’on donne aux intonations.