Le rêve de ma mère


18 décembre 2009 21h 21

Le rêve de ma mère

Alors bon voilà, je n’avais jamais teufé à la Conciergerie… Jamais. Ce sont des choses qui ne se disent pas, mais, parfois, ça va mieux en le disant. Donc hier soir invitation VIP nominative pour la soirée de lancement du magnifique 100 monuments 100 écrivains / Histoires de France auquel j’ai contribué (pour ceux qui ne suivent pas). Première remarque : l’endroit ne fait en rien penser au hall d’une tour HLM.

La conciergerie L'assistance

Je débarque avant E. pour être à l’heure tandis que ma chère moitié attend toujours Ouarda, la babysitter, qui est tombée dans la neige (version poétique), qui s’est vautrée devant le McDo, carrefour Gambetta, et s’est accessoirement foulée la cheville (version des témoins).

Je retrouve Martin qui a fait l’aller-retour d’Allemagne pour l’occasion j’ai l’impression (à mon époque le STO, c’était moins les vacances). Puis arrivent Thierry I. (excellent camarade) et Marie N. que je ne connaissais pas mais qui se révélera au cours de la soirée une excellente camarade aussi !

Discours excellents puis cocktail dinatoire (Fauchon) ! Beaucoup trop de foie gras à mon goût mais bon, du lourd, du ministère, pas les demi-sandwichs club au tarama Leader Price de Gérard pour son départ à la retraite. Il y a des trucs à manger, comme donc du foie gras, conditionné en fausses petites pommes d’amour recouvertes d’éclats minuscules de noisettes (imagination des traiteurs), je passe sur le mini-repas japonais et la cassolette de dînette, remplie d’un poisson merveilleux, anonyme bouilli dans un jus de citron. Sur de petites glaces napées in extremis de chocolat au lait par un artisan de la team Fauchon qui déployait dans le moindre de ses gestes toute l’aisance des maîtres verriers du Quattrocento vénitien (si si !), le monogramme des monuments nationaux ! C’est à ce genre de détail que l’on est certain d’être au bon endroit, à l’emplacement exact dans la ville où la civilisation, dans sa coquetterie, a décidé de se manifester.

La civilisation

Pendant que nous mangions, une sphère orange éclairait les voûtes.

La sphère orange

Sur les tables, d’autres sphères, avec une drôle de laitue à l’intérieur. Mais le monsieur de la team Fauchon m’a interdit d’y goûter.

La laitue

J’ai pu ensuite remercier (trop rapidement) Gauthier, Adrien, j’ai fait la connaissance de Jérôme P. (j’en reparlerai) et de tout plein de gens vachement chouettes.

Plus tôt, Martin était parti (il n’arrête pas de partir ce garçon, c’est son truc, mais c’est tout de même un peu inquiétant) à une autre soirée, un truc qui avait l’air très chaud, chaud brûlant, avec des filles qui lisent des livres dans lesquels des filles qui ne lisent pas de livres font des trucs sales avec des types qui écrivent des livres. Une soirée comme on en rêve tous quand on écrit des livres (évidemment). Bon, au final il a fallu partir. Je veux dire « nous aussi », je veux dire : « Il nous a fallu partir, finalement, nous aussi ». Chacun sait que les bonnes choses ont une fin, toujours.

Petit, ma mère n’avait qu’un rêve (disons de ceux qu’elle confiait à ses enfants), être invitée au cocktail que le préfet organisait chaque année pour le 14 juillet. Eh bien hier soir, j’ai réalisé le rêve de ma mère (en gros). Que me reste-t-il de vie, à réaliser quels rêves, pour laisser aux encombrants quels rêves à mes propres enfants ?

La réponse à cette question m’a été, à mon grand étonnement, apportée le soir même à la suite d’un concours de circonstances qu’il serait à la fois terrible de résumer et pénible de détailler. Heureusement, il a été filmé :

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15 décembre 2009 15h 25

Vroum vroum

aéro
aéro
aéro

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12 décembre 2009 1h 18

Une soirée stylée

A 18h30 on débarque à la bourre dans le salon pourpre du palais du Luxembourg pour la remise du Prix du style, créé il y a quelques années par camarade Antoine Buéno. Lauréat Brice Matthieussent pour Vengeance du traducteur. Pas encore lu mais je fais confiance au jury :

Je suis un peu distrait comme gars alors je photographiphone (photographiphoner est un néologisme que je viens d’inventer et que je trouve génial. Il va sans dire qu’il est dès à présent copyrighté. Je m’aime) l’énorme lustre qui s’accroche comme un désespéré au plafond pendant que nous buvons les paroles du micro et du champagne :

Lustre du palais photographiphoné

Plus tard je fondrai tel un aigle du Nevada sur le cocktail dinatoire (surtout les bouchées au foie gras, les acras de morue et les petits pilons de poulet trop gras. Un délice). Bise à Buéno, Anne, Laurence, plein de gens, il faut partir, nous avons rdv dîner Patricot Métro Jourdain 76A89 5eta.

Carole reste à Lille finalement au téléphone. Nous retrouvons Philippe P.-V., Bertrand G., découvrons Adeline E. et je tchatche un peu avec Christophe P. qui a écrit un truc en anglais au bic sur la demi-lune avant de ses converses. Trop rigolo. Il est cool. Il bodyguarde une libraire de la FNAC très mignonne qui porte des boucles d’oreilles en perle minuscules et une petite bague en tulle noire. Trop chic. Je dois aussi dire quelque chose des chaussures de notre hôte : Aymeric a trouvé en Thaïlande de fausses Quelquechoses avec des liserés de couleurs à peine pailletés sur les côtés, une tuerie. Il est le seul à porter ces pompes en Europe, et ça c’est la classe.

Dans le couloir je conseille à Philippe abruptement devant la bibliothèque de lire Edouard Levé (je sais, c’est une véritable marotte), il me regarde ahuri et sort de sa poche Suicide d’Edouard Levé, qu’il est justement en train de lire. En voilà une coïncidence qui a du style.

Nous nous arrachons histoire de rester potes avec A., la baby-sitter.

Finalement, il y a plein de gens qui font des efforts, plus que nous, pour rendre le monde plus coquet, relever le niveau du réel. Or certains jours ils forment une sorte de chaîne très agréable. En début de soirée, j’avais piqué à E. son foulard rouge à têtes de mort. ça m’a donné un côté corsaire pendant un moment… mais après il faisait trop chaud pour cet accessoire (je déteste suer du cou). Moi aussi j’ai fait un effort. Nous sommes quittes, chers compagnons du détail charmant.

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8 décembre 2009 17h 14

Les enfants qui s’aiment

Tout ce qui est dit de l’enfance sonne creux aux oreilles savantes. Mais il suffit de fréquenter un enfant, tous les jours, pour découvrir que tout est vrai, qu’il s’agit d’un phénomène extraordinaire, qu’en rien il n’a été sous-estimé ou exagéré, par ma concierge ou par les grands philosophes. Le véritable enfant, celui qui ne parle pas, encore, est le plus merveilleux. C’est un extra-terrestre gentil. Quand il pleure c’est un accouchement. Quand il sourit c’est de l’eau claire (fameuse eau claire des torrents). Plus tard il dira « papa », ou « papapa » car il parle sa langue, la langue de son pays, le pays des grenouilles. Plus tard ils embrasseront pour la première fois, et ce sera foutu pour eux aussi. Plus tard n’existe pas, d’où l’intérêt d’enlever sa chaussette gauche pour la jeter dans les toilettes.

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5 décembre 2009 2h 15

Bisou à Péguy

Je suis bien content. Est-il permis ?

100 monuments 100 écrivains / Histoires de france

Parait cette semaine 100 monuments 100 écrivains / Histoires de France, beau livre publié aux Editions du Patrimoine auquel j’ai eu le plaisir de contribuer, avec un texte sur le trophée d’Auguste à la Turbie. La compagnie est excellente, le livre est magnifique, et il se trouve qu’en tout, j’ai l’esprit patrimonial.

« Le trophée d’Auguste » accueillait à l’origine une statue monumentale d’Auguste. Il n’en reste rien, tout juste une moitié de socle. Belle moitié tout de même.

Ce trophée, en l’état, ce n’est pas seulement un monument, c’est « l’idée de monument » (les platoniciens me suivront). A mon sens presque un symbole (en avant). Celui de l’enseignement actuel des Lettres latines, entre autres, le chant du cygne de notre romanité.

J’ai quelques projets (c’est sérieux) de statues géantes dans mes cartons. un jour peut-être (c’est peu probable mais on ne sait jamais), on me demandera d’ériger des statues géantes aux quatre coins de la France. J’en mettrai sur tous les promontoires, toutes les têtes, mais je laisserai le trophée d’Auguste pelé, lisse, pour qu’il continue de supporter la statue invisible de notre gloire passée.

Bisou à l’immense Péguy en passant. O partigiano portami via, Qui mi sento di morir.

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4 décembre 2009 21h 30

Protégé : Bousillée

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1 décembre 2009 19h 40

L’inconnue du théâtre

J’imagine déjà tous ceux qui se gausseront. Oui je lis des Harlequin, non ce n’est pas ce que vous croyez, j’ai quelque chose en tête évidemment, et qui vivra verra. Mais la question n’est pas là. J’ai acheté sur ebay L’inconnue du théâtre :

L'inconnue du théâtre

« Angleterre, 1817. Pour sortir la nuit à sa guise sans risquer sa réputation, lady Eleanor Sinclair a mis au point un plan ingénieux : coiffée d’une perruque et vêtue d’une austère robe grise, elle se fait passer pour une gouvernante. Un soir où elle s’est ainsi esquivée en cachette pour assister à une pièce de théâtre, elle rencontre le séduisant James Bentley, fils cadet d’un aristocrate, qui lui fait une cour assidue. Séduite, elle accepte de le revoir, et, dans le feu de la passion, lui cède avant de s’enfuir au petit matin… »

L’inconnue du théâtre est de l’avis de tous le chef d’oeuvre de Sarah Elliott (Diplômée en histoire de l’art, Sarah Elliott a d’abord été enseignante avant de se consacrer à l’écriture de romans tant historiques que contemporains. Née en Pennsylvanie, elle vit aujourd’hui à Londres. L’inconnue du théâtre est son deuxième roman publié dans la collection Les Historiques). Il fallait que je le lise.

J’ai reçu mon exemplaire d’une particulière qui liquidait son (impressionnante) collection. Mais ce qui m’a causé une joie sans pareille tient tout entier à la façon qu’a eue l’adorable Sylvie T. d’emballer ce volume.

L'inconnue du théâtre (emballage) L'inconnue du théâtre (déballage)

Je ne saurais trop vous décrire le mélange d’émotion et de rire que cet emballage a produit sur moi. Une lectrice d’Harlequin est un être à part, total, cohérent. Mon ambition est claire maintenant : devenir une véritable lectrice d’Harlequin, me placer au même niveau d’exigence romantique dans tous les gestes de la vie quotidinne. Vraiment, chère Sylvie T., Merci ! Vous m’avez redonné confiance en plein de choses avec cet emballage.

Othoniel chez Perrotin ensuite, mais là aussi, on devinait l’hyper-présence de la femme :

Jean-Michel OthonielJean-Michel OthonielJean-Michel Othoniel

Alors finissons sur une petite spéciale dédicace à Sylvie T., dont elle n’aura jamais connaissance mais tant pis, ça aussi c’est romantique :

Madjo / Where did you sleep last night ?

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