Le vent peint la musique en orchestrant les fleurs d’un casino aquatique


26 janvier 2010 18h 17

Le vent peint la musique en orchestrant les fleurs d’un casino aquatique

brigitte-bardot

A écouter 300 fois : Une histoire de plage, Brigitte Bardot

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23 janvier 2010 2h 05

Il est malin Râ !

Il y a quelques jours, pas aujourd’hui (je ne suis pas synchrone) je suis allé voir l’exposition Pierre & Gilles chez Jérôme de Noirmont. Bon, c’est toujours aussi bien. En fait, maintenant, je connais tellement que j’aime leur travail avec cette familiarité que les imbéciles appellent le « trop vu ».

Pierre & Gilles, exposition "Wonderful Town" (Galerie Jérôme de Noirmont)

Vous ai-je parlé des imbéciles ? Ils pullulent et ils bavent. C’est d’ailleurs à cela qu’on les reconnait. On reconnait en revanche « les connaisseurs » (j’en fais partie, c’est un fait) à ce qu’il savent que « ce qui est bon » excède de beaucoup ce qu’ils aiment.
Bon, là j’aime, donc c’est un mauvais exemple (d’ailleurs pas un exemple, un point de départ) mais ceux qui n’accordent de valeur qu’à ce qui les touche, voilà de qui je parle. Les simples qui appréhendent l’art comme un corpus à discriminer, ou plutôt qui confondent leurs discriminations (légitimes subjectivement et parfois parfaitement argumentées) avec une sorte d’échelle du beau à graver sur les fesses du David de Michel-Ange.

Quelle oeuvre écartèlera le spectre de mon goût par surprise, laquelle m’ennuiera, laquelle deviendra mienne à force, me convaincra-t-elle, n’ai-je pas envie, besoin de laid en ce moment, pourquoi cette passion de Jean-Michel pour la peinture anglaise tandis que Pierre-Yves (mes amis n’ont pas de prénoms exotiques, je le regrette) ne kiffe que le Quattrocento, sur quelle sculpture faudrait-il que j’empale en rêve V* nue pour éjaculer immédiatement ? Bon, bref, vous m’avez compris, c’est la bonne manière de s’y prendre.

Pierre & Gilles (détail), exposition "Wonderful Town" (Galerie Jérôme de Noirmont)

Et puis on attend celle qui nous ravira, l’oeuvre grande claque. Le fantasme de la Sabine est courant bien que peu avoué lors des dîners en ville. De temps en temps aussi un crush (et il ne faut pas le mépriser, c’est déjà extra). Il faut se taper environ (j’ai fais mes comptes) 307 expositions de merdes, 422 médiocres, 57 bien faites et 42 vraiment « Zuper ! » pour finir par entrer, par hasard, alors qu’on allait finir le tour des galeries, alors que des amis nous attendent à Saint-Germain pour manger de l’andouillette-moutarde et parler de Céline, dans l’exposition cadre d’une grande émotion esthétique.
Mais cela n’arrive pas lorsqu’on entre, non. Lorsqu’on entre on sent qu’il se passe quelque chose, mais cela fait si longtemps que la même sensation nous a traversé que l’on a oublié, que l’on ne réalise pas totalement… On est enfin dans la bonne forêt, sur le bon chemin, celui du loup ! Et paf le loup ! Derrière un mur souvent, une oeuvre en retrait, tapie. C’est pour elle que l’on a supporté toutes ces portes, ces assistants grossiers, la pluie du soir débutant, la bise sur la joue des méchants. Après, essayer de décrire, c’est un aller-simple pour le ridicule, j’arrête là. On aura compris qu’il faut être aussi un marathonien, un grenouilleur, un fonctionnaire est-allemand pour tomber sur le loup.

Pierre & Gilles, exposition "Wonderful Town" (Galerie Jérôme de Noirmont)

Mais je veux revenir sur « la familiarité ». Il y des oeuvres qui font déjà partie de notre famille, qui sont au centre de nos appréciations, et il ne faut pas se tromper (Là non plus, Merde ! Yen a des pièges !). Il faut reconnaître l’oeuvre ami(e), l’oeuvre époux(se), l’oeuvre camarade de service militaire (aussi). Cette oeuvre ne vous viole pas sur un banc de gare parmi la foule (le camarade de service militaire non plus me direz-vous), mais elle est là depuis longtemps. Alors il n’y a que les sauvages, ceux qui ne regardent jamais le paysage, les bourrins de la bite mentale, ceux qui ne caressent pas le duvet des nuques, pour ne pas voir la grande beauté de ce beau oublié.

Pierre & Gilles, exposition "Wonderful Town" (Galerie Jérôme de Noirmont)

J’avais chaud. Après j’avais chaud. J’ai marché jusqu’à la Concorde, à pied, et l’oeil de Râ était là (il est malin Râ, il contourne les monothéismes récents, il se remontre sans autorisation). Râ nous invite toujours, silencieusement, à monter dans son oeil tournoyant.

Râ

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20 janvier 2010 16h 13

Le modèle de toutes les Manon

Hier, café des Banques près de la place Gambetta, j’ai mangé des oeufs mayonnaise et un onglet au poivre à côté d’Emmanuelle Béart, tankée comme moi dans le fond, que je n’avais pas aperçu avant de m’asseoir sur la banquette. Elle est toute petite, elle a pris un coca-cola (pas un light, un coca), comme moi… Elle annotait un script. J’ai repensé à Manon, à Galinette, à l’accroche-coeur cousu à même le coeur de Daniel Auteuil, à Marcel Pagnol, dont j’ai créé la page « Fans » sur Facebook il y a longtemps, parce qu’il est l’auteur du Château de ma mère et de La gloire de mon père, à Claude Berry, cet immense réalisateur français. J’ai pensé « Ah mince ! ç’aurait été bien d’être beaucoup plus beau ! D’être comme l’instituteur ! » Elle est partie avant mon dessert. Moi, Galinette, je l’ai été souvent. Alors ça m’a fait plaisir de revoir le modèle de toutes les Manon, dans une entrevue apaisée, où chacun fit mine d’ignorer la présence de l’autre.

Bon, décidément, je suis une midinette « paradoxale ».

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7 janvier 2010 17h 49

Les meilleures interprétations

Parfois les meilleures interprétations sont ratées. Rater ce n’est pas échouer, c’est marcher sur la bande d’arrêt d’urgence. Observez le geste du bras à la fin, le parapluie, la bouche grande ouverte, la dissonance déchirante, tout y est (tout ce qu’il faut trouver dans un chagrin d’amour) ! :

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