Raisin-Litchi
« Présence du Japon » toujours en chantier. Il faut que je retouche aux branches, aux fleurs et que je termine les symboles flottants. Mon pauvre Iphone 3GpasS ne prend que des photographies affreuses. J’ai quelques inquiétudes avec les couleurs encore. Disons qu’entre Tuymans et Matisse je fais plus attention à Matisse tandis que Tuymans a sans doute un truc un peu fade à m’apprendre qui ne passe pas. Je devrais aussi manger des Broccolis mais je n’y arrive pas.
J’ai commencé le portrait de ma filleule en diseuse de bonne aventure. J* est très belle avec une beauté classique, alors elle ressemble aussi aux figures préraphaélites. Si je m’en sors avec une toile à mi-chemin entre le Caravage et John Everest Millais, ce sera rigolo (mais ne rêvons pas).
Foin de ma petite personne. J’ai découvert (en fait je connaissais déjà mais en photographie seulement) cette semaine la peinture d’Armand Jalut.
Touche virtuose, très enlevée avec un geste du pinceau qu’on imagine tournoyant sans cesse. Très belle facture, grasse sans être épaisse, brossée sans ostentation. Des sujets qui jouent la carte du classique revisité, le bouquet-vanité, la nature morte XVIIIème au lapin. Vraiment excellent. C’est au Musée d’Art Moderne et au Palais de Tokyo (Dynasty). Entre autres très belles oeuvres (L’exposition est immense, impossible à commenter ou à résumer. A aller voir).
L’ancien et le nouveau sont des catégories un peu ringardes. Heidegger a dit quelque part un truc extra sur l’histoire de l’art, qu’elle « supposait toujours une conception de l’Histoire ». Il entendait pas là qu’un hégélianisme fatiguant sous-tendait abusivement l’histoire de l’art. Ne nous laissons pas enfermer entre le début et la fin d’une Histoire linéaire qui a peut-être en fait la forme d’une spirale, d’un polyèdre ou d’un rhinocéros.
Pour ma part, je suis prêt à assumer toutes les vieilleries que l’on voudra bien me coller sur le dos. Car en ces temps de nouveau toujours identique, il me semble que ce que l’on tire de la poussière, l’histoire de l’art prise à rebours ou n’importe comment, dans tous les sens, par tous les trous, ce nouveau-là est souvent plus frais, plus subversif, plus vivant.
Il faudrait que j’écrive un mail à Armand Jalut mais je n’ose pas. Ce serait pour lui demander s’il utilise plutôt du siccatif flamand ou du siccatif de Harlem… A bien y réfléchir, ce serait pour plein d’autres choses.
Mais cela ne se fait pas. C’est un milieu où l’on se doit d’attendre d’être présenté, sinon c’est la panique. Je ne saurais pas trop l’expliquer, c’est un truc parisien, français, versaillais en fait quand on y réfléchit. Le XVIIIème siècle, encore. Ne nous plaignons pas qu’il subsiste en nous, pour le meilleur et pour le pire.
Sur ce, je m’en vais boire un verre de raisin-litchi (mélange formidable vendu en briques d’1 litre au Champion) avant d’aller faire un gros dodo (Je suis à court d’herbe, si quelqu’un a un plan, ça m’intéresse !).
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