Girly

J’ai reçu de nombreux mails en réponse à mon mailing de la semaine dernière annonçant l’exposition à Londres etc. J’adore ça. Que l’on réponde à mes mailings.
J’ai ainsi pu échanger quelques mots avec certains que je n’avais pas recroisés depuis des lustres ou avec des potes. Bon mais si j’en parle c’est évidemment pour me faire mousser puisque ces mails étaient tous positifs, oserai-je dire encenseurs (les autres se taisent et ils ont bien raison, je casse les gueules facilement). Deux d’entre eux sont entrés dans l’analyse et m’ont interloqué (oui, interloqué) car j’étais bien obligé de convenir qu’il y avait du vrai dans ce qui m’était dit, or pourtant, ce vrai-là , deux secondes avant, je ne l’avais pas percuté.
Il y a S* qui m’écrit :
« Bonjour Marc,
Ce qui m’intéresse notamment dans ta peinture c’est quand tu deviens femme. Oui il y a du « Virgin Suicide » dans la légèreté, l’acidulé tes dernières toiles; et en la manière d’introduire le Japon dans ta dernière toile, Sofia Coppola n’est pas loin.
C’est une réflexion que je me fais aussi en lisant le titre « la fausse meilleure amie », concept girly s’il en est.
De ce point de vue « La troisième République » semble un ouvrage de dentelle (d’un point de vue pictural), et lorsque je lis ton conte c’est encore d’un personnage féminin qu’il s’agit, profondément incarné.
Je ne suis alors pas étonnée de lire dans le texte de Pierre-Yves Quiviger « Molk s’est fait femme pour peindre La libération sexuelle ».
C’est en tout cas une facette de ton travail dont l’ambiguïté, associée à un engagement certain du propos, m’interpelle fort positivement.
A bientôt (j’essaierai de passer au vernissage de l’expo carne) et bonne continuation.
S* »
Mince alors… Elle a raison… Je peins comme une fille. Du moins de plus en plus comme une fille. En courant après l’image du bonheur et la reconquête d’une certaines délicatesse, d’une certaine douceur (perdue à mon sens au profit d’une violence d’apparat et de pacotille à la fois), ma peinture vire un peu kif d’adolescente… Pourtant je veux aller plus loin, alors cela risque d’empirer… Je ne sais pas vraiment quoi en penser (moi que l’on sait un peu macho et très velu).
Une autre amie, I*, m’écrit :
« Coucou
Chouette p les news !
Les couleurs me font définitivement penser aux décorations surannées florales qu’on trouve sur les tombes (des fleurs en céramiques qui ne se fabriquent plus auj). J’aime bien !
bises
I* »
Et là cela m’a flatté parce qu’effectivement la mort, je me sens en plein dedans, tout le temps, et que la mort pastel, c’est un peu mon but ultime.
Quelle pertinence finalement à partir de simple photographies envoyées par mail… Et quelles intuitions à chaque fois féminines, lumineuses. c’est bête mais ces quelques mots me font beaucoup réfléchir depuis quelques jours. Non, je n’envisage pas la moindre opération, mais il est clair que ma peinture n’est peut-être pas du même sexe que moi.
Il va falloir que je m’en accommode.






