« Pertes humaines », le bilan aigre-doux de Marc Molk, Tahitipresse
Source : Tahitipresse
Culture : 27/08/2006 Ã 13:11
Roman : « Pertes humaines », le bilan aigre-doux de Marc Molk
(Tahitipresse) – A l’occasion de la sortie de son premier roman, paru aux éditions Arléa, Marc Molk était présent samedi à la librairie Odyssey pour une séance de dédicace. « Pertes humaines » se présente sous la forme d’un inventaire de personnes qui sont passées dans la vie de l’auteur et l’ont marqué. Entre les amitiés perdues et les amours inconsolables, le lecteur pourra sans peine s’identifier au narrateur, et retrouver au fil des pages une partie de sa propre histoire.
Qui n’a commencé un jour à dresser, au moins dans sa tête, un inventaire des personnes disparues de sa vie? Marc Molk s’y est mis sur le papier. Son premier roman est présenté sous forme de fiches descriptives de ceux qui l’ont marqué à un moment de sa vie. Un moyen de passer en revue les souvenirs d’enfances, les amitiés, les amours, les amourettes, et autres rencontres avec des personnes auxquelles il repense souvent, et qui parfois lui manquent.
L’auteur pose ainsi des questions qui peuvent venir à l’esprit de chacun de nous à un moment de notre vie, sur ceux qui s’éloignent alors qu’ils comptaient, ceux qui meurent, ceux qui ne nous aimeront jamais, ceux que nous avons croisés et que nous aurions pu aimer… et il tente d’indentifier les causes de ces « pertes humaines ».
Ce premier roman, ne correspond à aucun style littéraire classique, et se montre même plutôt inventif. Avant chaque récit, Marc Molk propose au lecteur trois coefficients pour mesurer le lien qui a pu l’unir à la personne décrite. Le premier correspond à l’intensité du sentiment de perte et à l’évolution subjective du préjudice moral subi. Le second donne la part de responsabilité de l’auteur dans cette séparation en quantifiant ce qu’il aurait pu ou dû faire pour sauvegarder cette relation, et qu’il n’a pas fait. Enfin le troisième coefficient donne ses chances de renouer avec la personne.
Ce livre, qui laisse un sentiment d’intrusion dans la vie personnelle de l’auteur, permet toutefois au lecteur de s’identifier à lui, et de constater que chacun de nous porte le même type d’interrogations.
De la peinture à l’écriture
Marc Molk est peintre, à Paris, et il a fait des études de lettres, puis de philosophie, avant de se mettre à la rédaction de ce premier roman. Il l’explique: « Ce livre répond à une multitude de questions que je me posais sur la disparition de mes proches. J’avais besoin de les mettre par écrit et surtout d’y trouver des réponses, afin de savoir si cela était de ma faute ».
Qualifié de « thérapie » par l’auteur, ce roman adresse aux lecteurs une recommandation: celle de ne plus rentrer dans une relation avec l’ambition de la faire durer. Pour lui, il faut vivre les relations amoureuses ou amicales à cent pour cent, mais sans projection sur l’avenir.
De plus, afin d’éviter les pièges d’un thème qui pourrait passer pour morbide, l’auteur a su introduire une bonne dose d’humour qui contraste avec la tristesse que peut inspirer l’évocation des personnes disparues, et qui la rend sans doute plus douce.
JSO